Les mercredis de Maryse


Auteur(S) : Clotilde Chauvin ; Élodie Misrahi; Sophie Pincet; Bénédicte Senelier; Élodie Turpin

Lors du confinement, nous avons eu la chance de profiter des compétences et du dynamisme communicatif de Maryse Brumont qui nous a fait découvrir ou approfondir certaines modalités de lecture.

5 modalités de lecture

Nous avons ainsi abordé

  • le carnet de mots
  • le carnet de lectures
  • la lecture par inférences
  • les niveaux de lecture
  • la lecture lexicale

Ces stratégies de lecture reposent toutes sur un « débat interprétatif », pour être capable d’interpréter le texte en faisant des liens.
Le « débat interprétatif » vise la capacité d’être capable d’écouter les autres et intervenir dans une discussion pour donner du sens à un texte lu :
– Oser prendre la parole
– Communiquer en restant dans le débat
– Écouter sans couper la parole
– Rebondir sur ce qui est dit quand il le faut
– Intervenir à bon escient
– Argumenter, défendre son opinion
– Affirmer, expliquer, prouver
– Accepter de changer d’opinion lorsqu’il le faut
Le « débat interprétatif » s’appuie donc sur un travail de groupe.

Carnet de mots

Le carnet de mots est un outil de lecture et de rédaction.
Il permet de regrouper au même endroit les mots découverts en classe. Il est alors plus facile de voir quels nouveaux mots ont découvert les élèves et sert de base pour réinvestir ces mots découverts.
Ce carnet est utilisé pour toutes les matières, au primaire, comme au collège.

Quand et comment ?

  • La collecte de mots se fait juste après la leçon, la découverte de documents ou l’expérience réalisée.
  • Dans le carnet, les élèves mettent la date et le titre de la leçon (chaque élève a son propre carnet).
  • Petite astuce : si plusieurs matières utilisent le carnet (ce qui est idéal), l’élève peut écrire le titre de la leçon d’une couleur différente pour chaque matière. Il pourra alors se retrouver plus facilement lors de la recherche des mots.
  • Les élèves dictent à l’enseignant.e les mots qu’ils estiment importants. Ils peuvent être guidés par l’enseignant.e pour trouver un mot important qui aurait pu être oublié.
  • Les mots sont disposés en désordre sur le tableau.
  • Certains mots peuvent être regroupés en « famille » et l’enseignant.e et la classe trouve un titre pour cette famille.
  • Une fois la liste réduite à une dizaine de mots, les élèves les copient dans leur carnet.

Quelques jours plus tard, ou même quelques semaines, on revient sur les dates antérieures et ont fait « parler les mots » : il faut faire des phrases cohérentes et pertinentes en utilisant les mots de la leçon.

La relecture des leçons, du cours ou de l’expérience (ou même d’une sortie scolaire) par le carnet de mots permet de créer des banques de mots utilisables à l’oral comme à l’écrit.

Un outil multiprise

Le carnet de mots permet également :

  • de réviser les leçons ou les textes lus tout au long de l’année
  • de s’approprier le vocabulaire spécifique des différentes matières ou disciplines
  • de servir de lien entre les classes et les cycles, notamment dans le cadre des liaisons École-Collège
  • de servir de lien entre les enseignant.es au collège pour que les élèves fassent des liens entre les disciplines
  • de servir de lien avec les familles dans le cadre du plurilinguisme : les élèves peuvent expliquer, raconter à partir de leur carnet de mots

Diaporama

Carnet de mots : diaporama de Maryse Brumont (juin 2020, 23 diapos)

Carnet de lectures

Quoi, pourquoi ?

  • Le carnet de lectures est un moyen efficace de conserver une trace des réactions aux textes lus par les élèves, qu’elles aient été positives ou négatives. 
  • Il permet à l’élève de  réagir personnellement, de se poser des questions, de réfléchir sur les pages, les événements, la langue de l’auteur, de créer des liens avec ses lectures.

 Ce qui est important, ce n’est pas d’écrire de longues notes, mais d’écrire  souvent.

Comment ?

On met à disposition de l’élève une liste de pistes afin de l’aider à écrire dans son carnet de lecture. Certaines de ces pistes peuvent s’utiliser dès la maternelle dans le cadre d’une dictée à l’adulte.

Au fur et à mesure des lectures,  l’élève doit prendre le temps de noter ses observations :

  • une idée qui le frappe
  • il peut attendre d’avoir lu une partie du texte (une dizaine de pages ou un chapitre.). Mais il ne devrait pas dépasser ce nombre de pages avant d’écrire dans son carnet.
  • Les notes de lecture n’ont pas de longueur précise. Parfois l’élève n’écrira que quelques lignes seulement, d’autres fois il écrira plus longuement.
  • L’orthographe doit être respectée le plus possible, condition pour être lu et compris.

Documents

Lecture par inférences

Maryse Brumont nous a présenté la modalité de lecture «  lecture par inférences » : c’est la 2e des modalités de lecture du livre : Diversifier et renouveler les leçons de lecture en cycle 3 (pages 41 à 51).

Quoi, pour quoi?

Constat : Le fait de poser des questions et d’avoir des réponses correctes ne garantit pas la bonne compréhension d’un texte. On peut comprendre tous les mots et ne pas comprendre le texte.

La lecture par inférences est un outil didactique pour repérer les nœuds de compréhension des textes, lever les implicites du texte. (Voir diapo 9 du diaporama)

Plusieurs sortes d’implicites : lieu, temps, cause-conséquence, métier, etc. (voir diapo 10)

 Une technique simple pour réaliser une lecture par inférences : des croix à placer pour interroger le texte en posant la question : « comment se fait-il que… ?»  (Exemple diapo 11)

Différents exemples de lecture par inférences

  • en histoire,
  • en arts visuels (2 tableaux d’un peintre pour en interroger l’évolution),
  • avec une nouvelle de Bernard Friot : «Un martien»  (questions diapo 15)
  • avec une histoire policière de Marc Villard : Les doigts rouges (Mini Syros) : questions diapos 16 et 17

Diaporama

Diaporama de Maryse Brumont (mai 2020, 18 diapos)

Aller plus loin

Niveaux de lecture

Il s’agit d’un outil, à la fois didactique, pour les enseignants, et pédagogique, pour les élèves. L’objectif est de « monter les niveaux de lecture » de manière méthodique, afin de permettre aux élèves, bons lecteurs ou non, d’analyser des textes ou images.

La capacité visée est de passer du texte à la compréhension, puis à l’interprétation.

Capacités impliquées

  • Lire à haute voix sans erreur ou observer une image de façon objective
  • Prélever des indices
  • Inférer à partir de ces indices, c’est-à-dire donner du sens à l’implicite
  • Faire des liens avec soi, les autres, sa culture, comme des ronds dans l’eau

Étapes

Pour atteindre la capacité visée, Maryse Brumont préconise trois étapes, ou niveaux :

  1. 1er niveau, « je vois » : la dénotation.

C’est la partie objective de la lecture ou la description précise et organisée de l’image. Cette étape permet un travail lexical riche, en abordant le vocabulaire du décor dans un premier temps, des personnages dans un second. Le lexique doit être précis. L’utilisation de « je vois » pour amorcer les phrases permet de rester dans ce premier niveau de lecture et de ne pas aller trop vite.

  1. 2ème niveau, « j’ai compris / je comprends que » : la connotation.

C’est le lieu des inférences et de la subjectivité : ce que je comprends à partir du relevé effectué dans le niveau.

  1. 3ème niveau : l’interprétation.

Il s’agit de la partie culturelle, interprétative. La question à poser est « A quoi cela te fait-il penser ? », et peut se découper en trois temps :

  • en quoi cette image parle de moi ? Les plus petits pourront faire des phases de type « moi aussi j’ai », ou « moi, ma mamie », ou bien « quand j’étais petit », etc.
  • en quoi cette image parle de ma famille, de mes amis, de mon école ?
  • en quoi cette image parle du monde en général, de la culture ?

Cet outil est un formidable levier de progression à tous les niveaux, et dans de nombreux domaines. Il s’agit d’observer, décrire, classer. L’exercice, passé à l’écrit, constitue une trame de commentaire ordonné de type baccalauréat.

Exemples de textes et images proposés aux élèves

  • Lire est le propre de l’homme – Frédéric Stehr – Ecole des loisirs 2011
  • Ami-Ami de Rascal et Girel, Pastel 2002
  • Quatre petits coins de rien du tout – Jérôme Ruillier
  • Illustrations de Mario Ramos
  • Illustrations de la Cigale et la fourmi

Diaporama

Diaporama de Maryse Brumont (Juin 2020, 17 diapos)

Lecture lexicale

La lecture lexicale est un des leviers pour réfléchir sur le vocabulaire.

Faire la lecture lexicale d’un texte c’est d’abord lire un texte, tenter de le comprendre pour proposer un classement subjectif et cohérent des mots, des expressions relevés dans le texte et assemblés de façon à pouvoir justifier son classement.

Pour quoi faire?

La lecture lexicale est une stratégie de lecture qui donne de l’autonomie aux élèves, les conduit à observer le texte par le biais du lexique. Cette pratique confronte les postures de lecture des élèves, instaure un débat interprétatif fondé sur la perception du lexique, avec pour effet un intérêt particulier pour les mots qu’on découvre et qu’on met en lien pour mieux les retenir.

Il s’agit donc de donner du sens au capital de mots pour le rendre disponible dans le quotidien des élèves. Pour le rendre disponible, il faut lui donner du sens et pour cela le contextualiser.

« Tous les croisements de mots que l’on peut faire, toutes les façons qu’on a de les faire dialoguer entre eux, c’est faire vivre ce capital de mots » .

Le but est de réinvestir ce capital à l’oral comme à l’écrit. L’objectif est atteint lorsqu’on est parvenu à rendre les élèves « explorateurs curieux des mots ».

Enseigner le lexique c’est comme jouer avec les mots, les éclairer pour les faire découvrir de différentes façons possibles.

« Les enjeux de l’enseignement du lexique sont sociologiques » (voir les chiffres sur le diaporama diapo 3)

Comme c’est la première source d’inégalité entre les élèves, la lecture lexicale devrait être le pivot des outils de la classe. Il ne devrait pas y avoir de temps d’enseignement sans qu’il y ait un temps de découverte du lexique inclus dans cet enseignement.

Le lexique sert à « attraper la lecture », à prendre corps dans les textes.

4 grands domaines sont prescrits pour l’enseignement du lexique dans le cadre de l’étude de la langue (voir diaporama slide 4)

Quels sont les objectifs du travail sur le lexique en classe ? (voir diaporama diapo 5)

Exemples de séquences proposées aux élèves

Capacités visées : se servir du classement lexical d’un texte pour confronter sa lecture à celle des autres.

  • Le pionnier du nouveau monde de Michel Piquemal (CM1/CM2) : Lire, repérer, classer, catégoriser, nommer, argumenter… Il est fondamental de garder des traces de la progression de l’activité.
  • Poème écrit après la visite d’un bagne de Victor Hugo (CM2)
  • Le corbeau et le renard de La Fontaine (CE1/CE2)
  • Oliver Twist, de Charles Dickens (5e en français et en anglais)

Diaporama

Lecture lexicale : diaporama de Maryse Brumont (juin 2020, 20 diapos)

Pour aller plus loin

Les livres de Maryse Brumont